Tout savoir sur le cycle menstruel | durée , phases et variations

Le cycle menstruel, un phénomène complexe et crucial dans la santé reproductive féminine, est le résultat d'une orchestration harmonieuse entre diverses hormones et processus biologiques. Les règles se caractérisent par la perte du revêtement de l'utérus (endomètre), accompagné par un saignement. Elles commencent à la puberté et se terminent à la ménopause et se produisent tous les mois sauf en période de grossesse.

La période de règles commence le premier jour du cycle et un cycle menstruel est de 28 jours, bien que des variations individuelles soient courantes. En effet, seuls 10 à 15% des femmes ont un cycle de 28 jours.

Normalement, les saignements durent entre 4 et 8 jours du cycle et la perte de sang varie de 6 à 70mL.

Ce processus, essentiel à la reproduction humaine, implique une série d'événements soigneusement synchronisés qui préparent le corps à la fertilisation et est régulé par des hormones. Les hormones lutéinisante et folliculo-stimulante, produites par l'hypophyse favorisent l'ovulation et stimulent les ovaires qui vont créer les oestrogènes et la progestérone. Ces deux hormones stimulent l'utérus et les sens en vue d'une éventuelle fécondation.

Le commencement du cycle et la phase folliculaire

Le premier jour des règles est considéré comme le premier jour du cycle. Au cours de cette phase, connue sous le nom de phase folliculaire, plusieurs processus clés se produisent. Tout d'abord, les niveaux d'hormones, en particulier l'oestrogène, commencent à augmenter, ce qui stimule le développement des follicules dans les ovaires. Ces follicules contiennent chacun un ovule immature. Au fur et à mesure que le cycle progresse, un follicule dominant émerge, tandis que les autres régressent.

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  • La phase pré-ovulatoire aussi appelée phase folliculaire

Au début de cette phase, les taux d'oestrogènes et de progestérone sont bas. Les couches superficielles de la muqueuse utérine se délitent et sont évacuées : le saignement débute. Les saignements marquent donc le début de la phase folliculaire mais le principal évènement qui marque cette phase est le développement des follicules dans les ovaires.

Le taux de FSH (hormone folliculo-stimulante) augmente légèrement, induisant le développement de nombreux follicules, chacun composé d'un ovule.

Plus tard, lorsque le taux de FSH diminue, un seul follicule continue à se développer et produit des oestrogènes.

La phase folliculaire dure entre 13 et 14 jours.

  • La phase ovulatoire (le follicule libère l'ovule)

Vers le milieu du cycle, généralement autour du 14e jour dans un cycle de 28 jours, un pic de lh l'hormone lutéinisante déclenche la libération de l'ovule mature par le follicule dans la trompe de fallope, où il est disponible pour la fécondation par un spermatozoïde. Cette phase dure généralement approximativement 24 heures : entre 16 et 32 heures.

Les taux d'oestrogènes diminuent lors de ce pic et l'augmentation du taux de progestérone commence alors.

  • La phase lutéale

 Cette phase dure environ 14 jours, indépendamment de la durée totale du cycle.

Les taux de LH et FSH diminuent et le follicule vide se referme et se transforme en corps jaune, qui sécrète de la progestérone, une hormone essentielle pour préparer l'utérus à une éventuelle implantation grâce à l'épaississement de la muqueuse utérine.

Ce corps jaune va également épaissir la glaire cervicale, diminuant ainsi la probabilité d’entrée des spermatozoïdes et des bactéries dans l’utérus et provoquer une légère élévation de la température basale corporelle qui se maintient jusqu’à l’apparition des règles.

Pendant presque toute la phase lutéale, le taux d’œstrogènes est élevé et l’élévation des taux d’œstrogènes et de progestérone entraîne une dilatation des canaux lactifères des seins. Les seins, par conséquent, peuvent gonfler et devenir douloureux.

Si l'ovule n'est pas fécondé, le corps jaune régresse, ne produit plus de progestérone et le taux d'oestrogènes diminue. La muqueuse utérine dégénère et s'élimine, les saignements menstruels se produisent, marquant ainsi le début d'un nouveau cycle.

En cas d’implantation d’embryon, les cellules placées autour de l’embryon produisent une hormone appelée gonadotrophine chorionique humaine. Cette hormone maintient le corps jaune et sa production de progestérone, tant que le fœtus n’est pas en mesure de produire ses propres hormones. Les tests de grossesse reposent sur la détection de l’augmentation du taux de gonadotrophine chorionique humaine.

Variations et facteurs influençant le cycle menstruel

Bien que le cycle menstruel soit généralement de 28 jours, il est important de noter qu'il peut varier considérablement d'une femme à l'autre. Des cycles plus courts ou plus longs sont courants et peuvent être influencés par divers facteurs, notamment le stress, les changements hormonaux, les maladies, les fluctuations de poids et les médicaments. Les cycles menstruels irréguliers peuvent parfois être le signe d'un problème sous-jacent nécessitant une évaluation médicale.

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Indicateurs de la santé reproductive

Certaines femmes utilisent des indicateurs biologiques pour suivre leur cycle menstruel et leur fertilité. Parmi ces indicateurs, on trouve la température corporelle basale, qui augmente légèrement après l'ovulation, et la glaire cervicale, qui devient plus claire et plus extensible pendant la période fertile. Ces signes peuvent aider les femmes à identifier leurs jours fertiles et à optimiser leurs chances de conception ou, à l'inverse, à éviter une grossesse non désirée.

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Pourquoi les règles font mal ?

La dysménorrhée est le terme médical donné aux douleurs abdominopelviennes qui précèdent ou accompagnent les règles.

Ces douleurs durent en général un ou trois jours et commencent avec les saignements et sont maximales lorsque le saignement est le plus important. Elles peuvent être déjà ressenties un peu avant les règles et parfois se prolonger un peu après elles. La dysménorrhée est habituellement ressentie dans le bas du ventre (pelvis), mais peuvent s’étendre au dos et aux cuisses.

La dysménorrhée est très courante et, le plus souvent, sans gravité.

Il s’agit d’un phénomène lié à un excès de sécrétion de prostaglandines par la muqueuse utérine au moment des menstruations. Ces substances provoquent des contractions utérines pour faciliter l’expulsion de la muqueuse utérine. Un excès de prostaglandines provoque une augmentation anormale de la contractilité et du tonus du muscle utérin. Ces contractions anormalement fréquentes privent le muscle utérin d'oxygène (hypoxie) par compression des petits vaisseaux et cette hypoxie provoque les douleurs.

Si la dysménorrhée s’aggrave et que les douleurs sont de plus en plus fortes au fil du temps, une cause sous-jacente est recherchée telle qu'une malformation du vagin ou de l'utérus, une endométriose, un fibrome utérin, une adénomyose...

En conclusion, le cycle menstruel est un processus complexe et essentiel dans la vie sexuelle féminine, régulant la fertilité et la santé reproductive. Bien que le cycle menstruel moyen soit de 28 jours, il peut varier d'une femme à l'autre et être influencé par divers facteurs. Comprendre les différentes phases du cycle menstruel et être conscient des signes de santé reproductive peuvent aider les femmes à prendre soin de leur bien-être général et à prendre des décisions éclairées concernant leur fertilité.

 

Sources

1. Le cycle menstruel. Jessica E. McLaughlin, MD, Medical University of South Carolina

2. La survenue de douleurs pendant les règles. Ameli Assurance Santé.